Brexit : le plus dur reste à venir ?

Un sommet européen de deux jours s’ouvre à Bruxelles jeudi 14 décembre pour entériner la première phase de négociations du Brexit et ainsi donner son aval à la seconde phase. Cette seconde phase, cruciale, s’annonce rude pour Theresa May. 

Vendredi 15 décembre, l’accord sur les modalités du divorce voté le 8 décembre devrait être entériné par les dirigeants de l’Union européenne. Cet accord de compromis avec Bruxelles avait largement été salué, offrant un bref moment de grâce à la Première ministre du Royaume-Uni. Quelques jours plus tard à peine, Theresa May était de nouveau dans la tourmente, avec le vote de onze députés de son camp en faveur d’un amendement de l’opposition. Ce dernier stipule que tout accord final de sortie de l’UE doit être ratifié par un vote contraignant Parlement. Ce revers parlementaire  pourrait en augurer d’autres, à la veille de l’ouverture de la seconde phase de négociations.

 

Alors que la première phase de négociation concernait les termes du divorce avec Bruxelles, la phase à venir se concentrera sur la relation future entre l’UE à 27 et le Royaume-Uni. Et avant même l’ouverture des négociations, on peut s’attendre à ce que les Européens restent les maîtres du jeu, tout comme ils l’ont été durant les six derniers mois, en imposant à peu près toutes leurs conditions. C’est pourquoi parler de « négociations » semble démesuré : l’UE des 27 a déjà imposé ses conditions, laissant peu de marges de manoeuvre à Londres.

Les discussions sur la relation future devraient débuter en mars prochain. Pour le moment, la position de Londres reste flou, tandis que celle de l’UE est plutôt claire. “Pour l’instant, on a compris ce qu’ils ne voulaient pas comme future relation, mais ils ne nous ont pas clairement dit ce qu’ils souhaitaient“, déclare un officiel européen. Mais pour l’Union Européenne, un accord de libre-échange, de type CETA, seule la seule option envisageable au vue des lignes rouges que le Royaume-Uni a établit : la sortie du marché intérieur et de l’Union douanière.

 

 

Les discussions s’annoncent complexes puisque Londres souhaitent conclure un accord commercial clair avant sa sortie officielle de l’Union Européenne, le 29 mars 2019. Mais cela semble impossible puisque côté européen, la procédure est claire : il faut attendre que le Royaume-Uni devienne un “pays tiers” pour pouvoir négocier un accord commercial. Or, le Royaume-Uni le deviendra qu’au lendemain de sa sortie définitive de l’UE, soit le 30 mars 2019.Mais l’Union européenne à 27 devrait elle aussi connaitre des difficultés dans la phase de négocations à venir. Donald Tusk, le président du Conseil Européen, a estimé à son arrivée à un sommet européen, que la prochaine phase de négociation serait “un vrai test” pour l’unité de l’Union européenne. 

 

 

 

Sarah Cozzolino et Claudia Bertram 

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