Symbole de l’ère pré-numérique, la cabine téléphonique raccroche

Les dernières cabines téléphoniques sont sur le point de disparaître des rues de France. Depuis le début des années 70, elles  faisaient partie du paysage urbain. Aujourd’hui, dépassées par la révolution mobile, délaissées, elles vont rejoindre les musées.  

Pour les moins de 20 ans, elles ne sont que les fossiles d’une préhistoire numérique qu’ils remarquent à peine, mais pour la majorité de la population, elles ont été pendant très longtemps un outil indispensable de la vie quotidienne. Emportées par le succès de la téléphone mobile, elles se retrouvent désormais reléguées au statut de glorieux avatar de l’histoire des télécoms. « En 2016, le trafic des cabines téléphoniques représentait moins de 0,7% de celui constaté en 2000. Une très grande majorité de cabines n’avait plus aucun trafic », relève-t-on au ministère de la Cohésion du territoire.

Moins d’une minute par cabine et par jour

Un abandon réel puisque le temps moyen d’utilisation était en 2016 de moins d’une minute par cabine et par jour, contre plus d’une heure en 1998, selon les données d’Orange et de l’Autorité de régulation des télécoms (Arcep). Conséquence, pour l’opérateur historique le maintien des cabines représente une perte de 10 millions d’euros par an. Elles généraient encore un chiffre d’affaires de 516 millions d’euros en 2000. Le déclin est amorcé de longue date : depuis 1997, le nombre de cabines sur la voie publique a baissé régulièrement, passant de 300 000 cette année-là à moins de 15 000, 20 ans plus tard.

La loi Macron a permis à l’opérateur d’accélérer le rythme, en abrogeant, en 2015, l’obligation de service universel de publiphonie. « Début décembre, il en restait encore environ 3000 sur tout le territoire, il en restera un peu plus de 1000 au 1er janvier 2018, principalement du fait des retards de dé-raccordement électrique », précise l’opérateur. Le chiffre descendra à 350, uniquement présentes dans les zones blanches, le temps que le réseau mobile vienne y prendre le relais.

Antoine LAURENT avec AFP

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