Troisième jour du procès Georges Tron : l’interrogatoire sans ménagement d’une plaignante

Virginie Ettel, une des plaignantes, est entendue à la barre jeudi 14 décembre. Elle maintient ses accusations de viol en réunion, face aux questions et aux remarques très dures du président de la Cour d’Assise.

« Oui, bon, il a mis un doigt dans votre vagin.» La plaignante fond en larmes. Le président de la Cours d’Assise de Bobigny a longuement interrogé Virginie Ettel lors du troisième jour d’audience. Des questions sur la tenue de la victime, mais également, à plusieurs reprises, sur son absence de réaction face aux agressions qu’elle aurait subies.


Des questions ou des remarques qui font réagir l’avocat de la plaignante : « Monsieur le président je suis très surpris du ton de cet interrogatoire qu’on dirait sorit des années 50, où on semble découvrir un phénomène connu depuis 1914 : la sidération.»

“Culture du viol”

Les réactions se font aussi sur les réseaux sociaux. Caroline de Haas, militante féministe, s’insurge contre les questions sur l’absence de réaction de la victime. « Lorsque vous êtes victime de violence, vous êtes souvent terrorisée, vous êtes souvent tétanisée. On apprend ça en journée 1 de formation sur le sujet. » Sandrine Rousseau, qui a accusé Denis Baupin d’agression sexuelle, a également déclaré que «savoir si la victime portait un string ou une culotte n’a pas grand intérêt.»

A leur suite, d’autres militantes dénoncent la culture du viol, la culpabilisation de la victime, et le manque de formation du personnel judiciaire quand aux affaires d’agressions sexuelles.

 

Louise Thomann

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