Frida Kahlo en égérie lingerie pour Princesse tam.tam : des internautes s’indignent

La marque de lingerie Princesse tam.tam met à l’honneur l’artiste mexicaine Frida Kahlo dans sa collection printemps-été. Un choix qui passe mal auprès de certains utilisateurs de Twitter.

Un body, un caraco, une nuisette… Fin janvier, Princesse tam.tam a révélé sa collection printemps-été 2018. Appelée “From Paris to Mexico“, la marque de lingerie promet d’embarquer ses acheteuses dans un voyage à travers l’Atlantique. La muse choisie par la marque est Frida Kahlo, la célèbre artiste mexicaine.

Capture d’écran du site de Princesse tam.tam

“Elle se confie et évoque son amour fou pour Diego Rivera. Elle nous inspire le thème LOVE, une lingerie séduction en dentelle italienne et DIVINE des nuisettes et pyjamas délicats en soie. On mixe ces deux thèmes et tout comme Frida Kahlo on assume son ultra féminité”, détaille la marque dans la présentation de sa collection. Sur le site, on découvre l’inspiration mexicaine de Princesse tam.tam : référence aux sombreros et Mariachi, carte du pays… et extraits d’une lettre envoyée par Frida Kahlo à Diego Rivera (que l’on peut retrouver en entier ici).

Capture d’écran du site internet de Princesse tam.tam

Et si un dessin représente bien l’artiste avec un monosourcil, la moustache qu’elle arborait fièrement en photo ou en peinture ne figure nulle part.

 

Sur les réseaux sociaux, cette annonce ne passe pas.

 

Capture d’écran de la page facebook de Princesse tam.tam

 

La sortie de la collection s’est fait dans le calme, les réactions étaient peu nombreuses. Pourtant, quelques internautes pointent du doigt l’utilisation de l’image de cette artiste, engagée dans le Parti communiste mexicain, à des fins commerciales ou la réduction de sa relation avec Diego Rivera, un autre artiste mexicain, à un “amour fou”.

 

“Pas branchée caracos et shortys brésiliens”

Si l’accident de bus dont a été victime Frida Kahlo en 1925 est bien cité par Princesse tam.tam, aucune mention n’est faite des séquelles qu’il a laissé à l’artiste. Cette dernière a porté des corsets en plâtre, en cuir, puis en acier pour tenter de réparer sa colonne vertébrale suite à cet accident. Ils sont d’ailleurs représentés dans plusieurs de ses tableaux.

Une biographie de Frida Kahlo, écrite par la femme de lettres mexicaine Rauda Jamis, relate les nombreux problèmes de santé de l’artiste et la douleur que lui causaient les corsets. “Frida était tellement à bout qu’elle répétait à qui voulait l’entendre qu’elle allait mourir si, lorsque le moment serait venu de lui enlever le corset, elle devait souffrir autant [que lorsqu’on lui a posé, ndlr]. Alitée, immobilisée, on l’imagine difficilement porter la lingerie vendue par Princesse tam.tam.

Le ton des tweets est plutôt ironique : “En 1944, Frida Kahlo a 37 ans et on n’a pas l’impression que la lingerie séduction soit sa préoccupation première” ou encore “mais en fait, à 20 ans, on dirait qu’elle n’était pas non plus très branchée caracos et shortys brésiliens.” Objectif de la manœuvre, prouver que Frida Kahlo n’est pas ce que Princesse tam.tam veut faire d’elle : une égérie de lingerie.

La marque, quant à elle, se défend de vouloir “utiliser l’image de l’artiste” et n’était pas au courant des critiques qui ont circulé sur les réseaux sociaux. Laurence Duchiron, responsable du marketing et de l’image de Princesse tam.tam tient à rappeler l’ADN de la marque. “Nous avons été toujours été intéressés par des histoires fortes, des histoires de femmes. Princesse tam.tam a été fondé par des femmes et a toujours eu une vision particulière de la féminité, qui ne passe pas par le prisme de l’oeil masculin”, a-t-elle expliqué à Priorité au direct.

Contactée par Priorité au direct, la Frida Kahlo corporation, en charge de l’exploitation commerciale de l’œuvre de l’artiste, n’a pas pu répondre dans l’immédiat.

Inès El Kaladi

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